Skip to content Skip to footer

Liste du GAFI : focus sur les Emirats arabes unis

Après deux focus sur la Côte d’Ivoire ainsi que sur la Principauté de Monaco, revenons sur la situation des Emirats arabes unis !

– Quelques mots d’introduction :

Les Émirats arabes unis (EAU) se sont imposés en quelques années comme une puissance financière incontournable, à la croisée des flux entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Dubaï et Abu Dhabi attirent capitaux, talents et entreprises, mais aussi, parfois, des fonds d’origine difficilement traçable…

Symbole des paradoxes de la finance mondiale, les EAU sont à la fois moteur de croissance régionale et point de vigilance majeur pour la conformité internationale.

– Liste du GAFI :

En février 2024, le GAFI a officiellement retiré les EAU de sa liste grise, sur laquelle ils figuraient depuis mars 2022, saluant les progrès réalisés dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Mais ce retrait ne marque pas la fin de la surveillance, le GAFI a précisé que les Émirats restent sous suivi post-évaluation pour garantir la mise en œuvre effective des réformes, et une visite possible sur site est indiquée en juin 2026 sur la page du GAFI…

– Liste de l’UE :

Dans la foulée, la Commission européenne a, elle aussi, retiré les EAU de sa propre liste des pays à haut risque en juillet 2025.

Cette liste européenne, qui comporte d’ailleurs deux volets – cf. l’affaire de la liste noire (!!) concernant Monaco :
– Un premier comprenant les pays tiers à haut risque, aligné sur les décisions du GAFI ;
– Un second complémentaire dit “sous surveillance”, élaboré par la Commission pour des juridictions présentant encore des fragilités structurelles.

Ce retrait s’aligne sur celui du GAFI, tout en traduisant une volonté de normaliser les relations économiques entre l’Union et les Émirats.

– Une sortie des listes, mais pas des radars :

Malgré ces signaux positifs, les inquiétudes demeurent chez les superviseurs et institutions financières :
– Le secteur immobilier reste un canal privilégié de blanchiment ;
– Les zones franches, comme le Dubai Multi Commodities Centre (DMCC) ou le JAFZA présentent encore des risques de dissimulation des bénéficiaires effectifs ;
– Et l’afflux de capitaux russes depuis 2022 soulève des interrogations sur l’efficacité des contrôles en matière de sanctions internationales.

Ainsi, même “sortis des listes”, les Émirats restent une juridiction à risque élevé dans de nombreux modèles internes de scoring LCB-FT.