Après avoir exploré en détails le cas N26, élargissons la perspective pour analyser les évolutions clés de plusieurs néobanques de premier plan.
L’ère des fintech rebelles touche-t-elle à sa fin ? Il semblerait que l’on entre désormais dans celle de la gouvernance renforcée. Revolut, Qonto, N26… font appel à des poids lourds de la banque traditionnelle pour consolider leur crédibilité et rassurer régulateurs comme investisseurs.
Revolut : Frédéric Oudéa, ex-Société Générale, devient président Europe de l’Ouest, aux côtés de Beatrice Cossa-Dumurgier, ex-BNP Paribas et Société Générale. Un signal fort à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), alors que la fintech doit faire oublier une lourde amende en Lituanie et se prépare à la licence bancaire française.
Qonto : déjà rentable certes, mais la scale-up française muscle son board avec l’arrivée de Jean-Pierre Mustier, ex-UniCredit, Société Générale, Tikehau Capital… ainsi que d’autres figures du secteur. Une stratégie indispensable, notamment après la limitation imposée par la Banque d’Italie sur l’ouverture de nouveaux comptes et la demande également d’une licence bancaire française avant l’été !
N26 : après plusieurs sanctions de la BaFin, la néobanque écarte son fondateur et confie la présidence de son conseil de surveillance à Andreas Dombret, ex de la Deutsche Bundesbank.
Le mouvement touche aussi d’autres acteurs européens, moins médiatisés mais tout aussi stratégiques :
La nordique Lunar a confié sa division BaaS, Moonrise, à Nanna Bergmann, ex-The Bank of London ;
Starling a recruté Raman Bhatia, ex-HSBC, pour conduire sa prochaine phase de développement et préparer une éventuelle IPO.
Quelques réflexions apportées par ces mutations :
Ces profils historiques seront-ils des catalyseurs de croissance, ou au contraire des freins à l’agilité qui faisait la force des fintechs ?
L’avenir appartiendra-t-il aux néobanques capables de trouver le juste équilibre entre rapidité d’innovation et solidité institutionnelle ?
Les superviseurs façonnent-ils désormais l’ADN des néobanques autant que leurs propres fondateurs ?