Depuis le 5 janvier 2026, la France s’est dotée d’un Pnaco, nouvelle juridiction spécialisée créée par la loi du 13 juin 2025 visant à lutter contre le narcotrafic.
Quel est son rôle
Le Pnaco est compétent pour les formes les plus graves et complexes de criminalité organisée, notamment :
– Le narcotrafic et la criminalité associée,
– Le blanchiment et les enquêtes patrimoniales complexes,
– La traite des êtres humains et le trafics d’armes,
– Les dossiers à dimension nationale ou transnationale.
Il intervient comme chef de file, avec la capacité de s’autosaisir et de coordonner l’ensemble de la chaîne pénale, en articulation avec les JIRS et les parquets locaux.
Comment il fonctionne
– Chaque dossier est traité en binôme, associant un magistrat spécialisé en criminalité organisée et un magistrat spécialisé en matière financière ;
– L’objectif est assumé, suivre les flux financiers, identifier les circuits de blanchiment, les patrimoines criminels et les acteurs qui facilitent ou structurent ces mécanismes.
À son lancement, le Pnaco reprend environ 170 dossiers complexes, dont certains très médiatisés, et verra ses effectifs renforcés tout au long de l’année.
Quels enseignements pour les établissements financiers
Sans changement majeur du cadre réglementaire, plusieurs enseignements opérationnels se dégagent :
– Une attente renforcée sur la compréhension des schémas complexes (multi-juridictions, sociétés écrans, crypto-actifs…),
-Une importance accrue de la qualité des analyses LCB-FT, au-delà du simple respect formel des obligations,
– Un rôle croissant des établissements dans la détection et la documentation des flux à risque.
La conformité apparaît ainsi de plus en plus comme un maillon contributif à l’efficacité de la réponse pénale.
En conclusion
– La création du Pnaco confirme que la dimension financière est un levier central des enquêtes,
– Pour les établissements financiers, il s’agit avant tout d’un renforcement du niveau d’exigence en matière de compréhension et de maîtrise des schémas complexes.